L'ARBRE DE VIE

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Nous attendons du matériel pour ikebana, ainsi que des outils pour bonsaï en provenance du Japon. D'autre part, la plupart des articles aujourd'hui épuisés seront de nouveau disponibles…
A bientôt.

Points de vue

Des bruits circulent, des clichés aussi. Des expressions reviennent. Cela rentre par une oreille, mais ne ressort pas toujours par l'autre... Et à force, ça finit par gratter !

Pierre Vergnes

Pierre Vergnes

Reproduction interdite sans autorisation de l'auteur.

Les substrats pour bonsaï

Pendant longtemps, la nécessité de substrats spéciaux pour les bonsaïs a été niée : il suffisait d'une "bonne" terre de jardin ! Malheureusement la terre de jardin n'est en général pas bonne : elle est trop fine et insuffisamment drainante et aérée.

L'ensemble des amateurs s'est alors tourné - avec bonheur - vers l'akadama, forme drainante de l'argile.

Aujourd'hui, apparait un nouveau substrat qui est supposé idéal. Certains suggèrent qu'il se suffit à lui-même, et que tout bonsai peut vivre dans ce substrat pur pendant des années.

Soyons sérieux ! Les végétaux ont des besoins variés en ce qui concerne le pH du sol, sa rétention d'eau ou sa part organique. Les bonsaïs ne sont pas différents : certains sont acidophiles et d'autres non, certains vivent dans des sols pauvres et d'autres dans des sols riches, etc.

Il doit donc y avoir différents substrats pour bonsaï :

Un bon sol pour vos bonsaïs, c'est celui qui a le bon pH, une bonne rétention d'eau tout en gardant un aération suffisante, et une part d'argile. En effet, seule l'argile tamponne les variations de pH du sol et retient les engrais organiques (CEC) en vue d'une utilisation ultérieure par l'arbre.

C'est pourquoi la plupart des bonsaïs cultivés dans l'akadama pure se portent assez bien - malgré un pH et une part organique parfois inappropriés.

Un autre argument est utilisé par les vendeurs de ce nouveau substrat : en 5 ou 6 ans, l'akadama s'érode et le sol devient trop compact. Mais un amateur de bonsaïs sérieux rempote ses arbres plus souvent : les rempotages trop espacés provoquent un allongement excessif des racines qui, à la longue, empêche l'eau de pénétrer le sol et implique des tailles "sauvages" lors de chaque rempotage mettant à chaque fois l'arbre en danger...

Pour conclure, un bon substrat pour bonsaï :

  • est drainant et aéré,
  • est d'une acidité appropriée,
  • contient une part d'argile afin d'établir le complexe argilo-humique indispensable à la vie végétale. Cette argile - afin de garantir le drainage et l'aération du sol - est de l'akadama.

 

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A propos des conseils contradictoires

" Concernant l'arrosage, vous me conseillez ceci, mais Untel m'a conseillé autre chose ! "

Cette réflexion revient sans cesse au magasin ainsi que dans vos mails. Elle se décline d'ailleurs à propos des apports d'engrais, des mélanges de terre, de la lumière, ou de toute autre information technique au sujet des bonsaïs.

Ces contradictions sont paralysantes pour le débutant. Il paraît difficile de choisir lequel de ces conseils est pertinent. En fait, c'est très simple : suivez le conseil qui marche ! Le conseil qui marche c'est celui qui donne de beaux bonsaïs sains.

 

Il vous suffit donc de regarder les arbres de ceux qui vous conseillent, pour voir lequel les entretient le mieux ; c'est celui dont les conseils sont les plus pertinents.

Malheureusement, il est parfois impossible de voir les arbres de celui qui donne les conseils. C'est souvent le cas sur le net. Ou alors, vous n'avez vu qu'un de ses arbres. Il faut alors vous méfier car rien ne prouve que cette personne possède de nombreux bonsaïs, ni même que ses quelques arbres sont en bon état.

Vous le savez déjà, ou alors vous le saurez bientôt, seule l'expérience issue d'une longue pratique permet une vue synthétique de l'art du bonsaï. Il faut donc éviter deux types de donneurs de leçons : ceux qui n'ont pas ou peu de bonsaïs, et ceux dont les arbres ne sont pas en bon état sanitaire ou esthétique.

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Un cadeau empoisonné...

Tout le monde sait que les bonsaïs sont des cadeaux empoisonnés. En tout cas, tout le monde le dit ! En fait les bonsaïs offerts sont des cadeaux vivants. Et dépendants. Ils entraînent donc des responsabilités, et ces jours ci les responsabilités ne sont pas recherchées.

Pourtant, si on est responsable de la mauvaise santé des bonsaïs quand on les entretient mal, on est également responsable de leur beauté quand ils sont satisfaits. Les amateurs qui ont des arbres depuis des années savent que toute la valeur du succès est dans la difficulté à l'obtenir.

 

Alors vous aussi, après les fêtes des Mères et des Pères, oubliez cette formule du cadeau empoisonné et préparez à votre bonsaï un avenir agréable.

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Chez moi, c'est très (trop) clair !!!

En zone urbaine, les amateurs possèdent surtout des bonsaïs dits d'intérieur. Cela est évidemment dû à l'absence de jardin, à des balcons trop petits et dont, parfois, on profite peu à cause du climat.

Même "collé" à la fenêtre, un arbre d'origine tropicale peut manquer de lumière pour rester en bonne santé:

  • pendant la mauvaise saison, les jours sont plus courts sous nos latitudes que sous les leurs,
  • au dessus de la Loire, les jours sont souvent gris,
  • à l'intérieur, la lumière disponible est plus faible qu'à l'extérieur.

 

A partir de décembre on ne cesse donc de voir des bonsaïs étiolés, peu feuillus, avec des tiges molles et presque blanches... Mais quand tombe le diagnostic "manque de lumière", la réponse est presque toujours:

"Impossible, chez moi c'est très clair". Certains y voient même du soleil toute la journée !

La question n'est pas de savoir si un appartement est bien exposé ou non, ou si le loyer est cher... La seule information qui vaille est celle donnée par l'arbre. S'il présente des symptômes d'étiolement, il manque de lumière. N'essayez pas de comprendre comment cela est possible dans votre bel appartement au 13ème étage sans vis à vis. Les feuilles les plus anciennes sont toutes tombées ? De nouvelles pousses longues, molles et pâles sont apparues ? Les nouvelles feuilles sont fines, pâles, plus grandes et plus loin les unes des autres ? Alors votre arbre manque de lumière ! Changez le d'exposition si vous en avez une meilleure, ou aidez le avec une ampoule horticole !

D'ailleurs, le mieux serait d'améliorer l'exposition lumineuse préventivement avec une ampoule horticole. Mes bonsaïs d'intérieur sont collés à mes fenêtres, éclairés 16 heures par jour, et ils sont magnifiques !!!

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L'hivernage des bonsaïs d'extérieur

Voilà une grande question! On lit et on entend tout et son contraire... Sur ce sujet comme sur les autres, il faut garder un peu de bon sens.

Souvenez-vous que les bonsaïs sont des arbres d'espèces variées. Les réponses sont donc variées.

  • Nous ne vivons pas tous sous le même climat. En Vendée ou dans le Jura, les hivers sont très différents.
  • La motte de terre des bonsaïs est petite et les racines sont plus exposées au gel que celles d'un arbre de la même espèce dans la nature. Les branches sont plus fines, et donc plus fragiles.
  • Même si un bonsaï non protégé ne meurt pas totalement, il peut perdre une branche, ce qui est assez grave sur le plan esthétique. Il peut aussi perdre de petites ramifications, ce qui vous fera perdre des années de travail.

 

Voici ce que je vous conseille:

  • Ne laissez pas vos bonsaïs sans protection. Épargnez leur le vent, le contact du givre ou de la neige. Pour cela, emmaillotez-les dans du voile d'hivernage, du plastique à bulle ou des chips de polystyrène... Cette protection n'a pas besoin d'être permanente. Quand la température ne menace pas de descendre au dessous de -5°C, laissez vos arbres à l'air libre.
  • S'il pleut sans que la terre puisse sécher, abritez vos bonsaïs pour que leur racines ne pourrissent pas.
  • Arrosez quand la terre est sèche, sauf s'il gèle.

 

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Le prix d'un bonsaï

La question revient souvent au magasin et dans notre boîte à lettres !

On trouve "sur le marché" du bonsaï des arbres de 15cm à 6 euros et d'autres - de la même taille - à 80 euros. Il peut même arriver qu'un joli mame de 15 cm coûte 500 euros...

Même si cela peut surprendre le néophyte, quelques instants suffisent à constater qu'on ne parle pas de la même chose. Que pouvez-vous attendre comme travail (quantité et qualité), comme conseil, comme pot (etc...) pour 6 euros ? Je suis sûr que vous avez dit "pas grand chose". J'ajouterai "presque rien". En tout cas, nous pensons que ces petits bouts de bois tronqués, vivant dans des pots de culture chinois, vite faits - mal faits, ne méritent pas de s'appeler des bonsaïs.

Un véritable bonsaï a demandé au moins 5 ans de culture. Comment un tel arbre pourrait-il valoir 6 euros ? Qui, parmi vous, accepterait de vendre pour ce prix une plante qu'il aurait soigné tout ce temps ? Les diamètres des branches et du tronc d'un vrai bonsaï sont comparables, et son aspect est gracieux. Il est en bonne santé. De plus, il vit dans un pot valant de 8 à plusieurs milliers d'euros - pour les plus prestigieux.

 

En conclusion, un acheteur avisé ne peut pas croire faire une "affaire" en achetant ces arbres à bas prix. Toutefois, on peut avoir envie d'acquérir un tel "produit" - car dans ce cas c'en est un - pour faire connaissance avec le bonsaï. En se souvenant qu'alors, toutes les chances ne sont pas de son côté.

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Les bonnes résolutions de la rentrée

La rentrée est l'époque des bonnes résolutions.

C'est le bon moment pour penser au bonsaï qui partage notre vie. Cet arbre VIVANT demande des soins constants. Il est entièrement dépendant de nous, ne peut aller ouvrir le robinet tout seul, ni inventer la lumière intense dans son climat d'origine et si chiche ici... Essayons cette année d'oublier qu'il est beau, ou mignon, et qu'il décore la terrasse ou le salon. Regardons le comme un être vivant à part entière. Ce n'est pas si difficile!

Une fois cette idée acceptée, tout devient plus facile. Moins mystérieux d'abord. En effet, les besoins des végétaux sont connus. D'autre part, on comprend qu'il est impossible d'imposer à un petit arbre de patienter avant d'être arrosé sous prétexte qu'on est en retard, ou d'attendre le printemps pour recevoir de la lumière sous prétexte qu'on habite au rez-de-chaussée.

 

Regardez votre petit arbre comme vous regardez un animal, même si leur modes de vie sont assez éloignés, et acceptez les responsabilités que vous avez prises le jour où vous avez adopté cet arbre. Le lien qui vous attache à lui va se resserrer et la cohabitation deviendra une source de plaisir plutôt que de contrainte.

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Ce bonsaï vient de chez vous !

Il existe sûrement une raison ! La peur d'être mal reçu en posant sur le plan de travail un bonsaï de grande surface, ou même provenant de chez un autre professionnel, la peur de ne pas avoir d'information ou de diagnostic, l'envie de trouver un responsable à son problème, la peur de devoir payer quelque chose...

En tout cas, régulièrement arrive un visiteur avec un arbre dans un état lamentable. Tout de suite il est évident que nous n'avons pas vendu cet arbre - terre malsaine, pot malsain, tronc sauvagement et récemment coupé, etc... Ce visiteur pose le bonsaï et, avant même de dire bonjour, annonce d'une voie forte - ça marchera mieux si d'autres clients entendent : "Cet arbre vient de chez vous !" Curieusement d'ailleurs, les clients dont les arbres viennent vraiment de chez nous n'éprouvent jamais le besoin de le souligner.

Nous avions pris l'habitude de ces gens de mauvaise foi qui s'imaginent que nous ne connaissons pas ce que nous vendons. Mais de plus en plus souvent arrivent des gens à qui un bonsaï de grande surface a été offert accompagné de notre carte professionnelle ou du livre de Pierre Vergnes. Cette carte - donnée à tous ceux qui la demandent - ou ce livre - qu'on trouve dans toutes les jardineries - sont supposés prouver que l'arbre a été vendu par L'ARBRE DE VIE.

Tous ces petits mensonges sont inutiles. Il ne faut pas craindre de venir, quelle que soit la provenance de votre arbre : L'ARBRE DE VIE vous aidera de toute façon. Ce que nous désirons, c'est que vos arbres vivent sans souffrir ! Est-ce qu'un vétérinaire refuserait de soigner un chien sous prétexte qu'il n'a pas de pedigree ?

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Prélever un "bonsaï" dans la nature

De nombreux amateurs profitent de leur vacances en montagne pour prélever des bonsaïs YAMADORI.

L'idée est séduisante: trouver dans la nature un arbre vieux - plusieurs dizaines ou centaines d'années, beau, un bonsaï déjà fait qu'il suffit de prendre! Malheureusement, il y a loin de la coupe aux lèvres...

Il faut d'abord savoir que le terrain où pousse un arbre appartient à quelqu'un ou à une collectivité. Il est par conséquent interdit d'y prélever quoi que ce soit sans autorisation.

Les arbres qui poussent dans des lieus inhospitaliers et dont la taille reste petite sont loin d'être des bonsaïs. La quasi totalité d'entre eux ne méritera d'ailleurs jamais ce nom car leur forme ne sera jamais harmonieuse.

D'autre part, un vieux Japonais dont le travail était de "chasser" des genévriers YAMADORI disait qu'après le prélèvement il devait vaporiser les arbres 50 à 60 fois par jour pour essayer de les maintenir en vie, et que malgré ce traitement 8 arbres sur 10 étaient morts quelques semaines ou quelques mois plus tard... En tout cas, aujourd'hui le territoire où travaillait ce Japonais est épuisé.

 

Alors, tournez 7 fois votre bêche dans votre sac à dos avant d'arracher un arbre à la vie.

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Faire son engrais soi-même.

Cela doit être une mode ! Certains amateurs voudraient vivre en totale autarcie et faire leur engrais avec des déchets organiques de poisson, de plantes, etc...

Le premier problème - et pas le moindre - c'est le voisinage. Imaginez l'odeur d'un mélange organique en décomposition...

De plus, les engrais obtenus de cette façon ne sont fiables ni sur leur composition précise, ni sur leur stabilité. Ils présentent donc un risque certain pour les bonsaïs.

 

Conclusion: si vous ne voulez pas qu'un pétition circule dans votre immeuble pour vous exproprier, si vous voulez conserver votre famille et vos bonsaïs, ne faîtes pas vos engrais vous-même. Surtout qu'ils reviennent plus cher que ceux - bien meilleurs - que vous pouvez acheter.

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Vive(nt) les bonsaïs d'intérieur

L'hiver est là. Les bonsaïs d'extérieur qui nous ont occupés pendant le printemps, l'été et l'automne entrent en sommeil. Les caduques ont perdu leurs feuilles, les oiseaux ont mangé les baies et les fruits.

Il n'y a plus grand chose à faire sur ces bonsaïs. Certains pourraient penser "Ouf!" Mais non, c'est une frustration pour le véritable amateur de bonsaï...

Heureusement, il y a les bonsaïs dits d'intérieur. Ces arbres n'ont pas de floraison extraordinaire ou de couleurs automnales. Mais ils sont là, fidèles. Pendant tout l'hiver ils vont nous faire patienter et nous occuper. Chez certains collectionneurs - dont nous sommes - ils occupent toute la place devant pratiquement toutes les fenêtres, sous les ampoules horticoles. Tant mieux! Leur grâce envahit toute la maison. De plus, il faut les arroser, les nourrir et même les tailler. Ils nous rappellent qu'il y a d'autres bonsaïs dehors qu'il faut aussi surveiller, et nous font attendre le moment où les extérieurs se réveilleront pour nous donner de nouveaux plaisirs.

J'ai entendu certains amateurs déçus - mais qui, en général, ne s'étaient pas donné les moyens de réussir - parler avec mépris des bonsaïs d'intérieur. Je les plains: ils ne savent pas de quoi ils se privent...

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Choisir un pot, quelle galère !

Il est toujours difficile de choisir le bon pot pour son bonsaï. Quelles dimensions, quelle forme, quelle couleur ?

Concernant les dimensions, il existe une règle simple pour que l'arbre puisse vivre en bonne santé :

la longueur du pot, ou son diamètre, doit être comprise entre la moitié et les trois quarts de la hauteur du bonsaï. D'autre part, pour obtenir le meilleur résultat esthétique, l'épaisseur du pot devrait être - si possible - comparable à l'épaisseur du tronc.

Pour choisir la forme, on cherche en général à souligner le caractère de l'arbre. Un arbre dont le tronc est sinueux est en général placé dans un pot ovale, mais un pot rond peut convenir. Si l'arbre dégage une impression de force et de puissance, on peut choisir un pot rectangulaire pour amplifier ce sentiment. Toutefois vous pouvez faire le contraire et jouer sur le contraste arbre-pot.

Le choix de la couleur est un problème de plus : pot en terre brute ? Pot émaillé ? Bleu, vert, rouge, ivoire ? C'est là qu'en général "celui qui sait" intervient. Choisir le pot devient alors un problème réglementaire - et très complexe... Telle espèce doit vivre dans un pot bleu, et l'autre ne doit jamais vivre dans un pot rouge, etc. Il semble que tout soit fait pour vous dégoûter du bonsaï.

 

Détendez-vous et n'oubliez jamais qu'il s'agit de votre arbre. Vous devez aimer son aspect pendant les années qui séparent deux rempotages. Choisissez donc le pot qui vous plaît le plus, même si la forme ou la couleur n'est pas conforme au règlement (!), et profitez-en pour y mettre un peu de vous-même. Soyez sans crainte car il est difficile de faire de grosses fautes de goût : toutes les couleurs proposées s'accordent au feuillage. Alors oubliez le regard sévère du "surveillant général", faites vous confiance et choisissez votre pot en toute innocence.

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Les "fiches cuisine"

La "fiche cuisine" appliquée au bonsaï, c'est une fiche par espèce qui explique comment on doit entretenir telle espèce de bonsaï. A chaque fois tout y passe: emplacement, terre, arrosage, engrais, taille, etc... Cela permet de maintenir les néophytes à distance: il leur faudra toujours la fiche qui leur manque.

Mais le pire, c'est que cela les empêche de comprendre. En effet pour assimiler, il faut une vue synthétique de la culture des bonsaïs. Et l'éclatement de l'information sur une multitude de fiches - qui donnent d'ailleurs plusieurs fois les mêmes renseignements - nuit à cette synthèse. Bien sur, d'une espèce de bonsaï à l'autre il y a quelques différences. Mais celles ci peuvent être exposées dans des tableaux comparatifs faciles à consulter et à mémoriser.

 

Pour élever le niveau de compréhension, il vaut donc mieux adopter un exposé général sur l'entretien et la création des bonsaïs. L'ARBRE DE VIE® essaie depuis plus de 20 ans de pérenniser la pratique du bonsaï en France. Pour cela nous encourageons les néophytes en leur donnant des conseils qui font intervenir leur mémoire le moins possible. Plutôt qu'en les noyant dans une information diluée et redondante à apprendre par cœur, nous préférons des explications synthétiques faciles à moduler en fonction des conditions de culture de chacun.

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Les illustrations des livres sur les bonsaïs

Les livres dont l'art du bonsaï est le sujet sont nombreux. Il en paraît sans cesse de nouveaux car le consommateur est supposé penser que la connaissance sur le sujet évolue sans cesse, et très vite. Il suffit de créer une belle maquette…

C'est pourquoi la plupart de ces ouvrages ne font que redire autrement ce qui a déjà été dit par d'autres, quelques auteurs ne prenant même pas la peine de vérifier la pertinence de certaines informations et de certains conseils!

 

Reste le problème des illustrations. Il est impossible d'éditer un tel ouvrage sans y inclure de nombreuses photos de bonsaïs. L'idée qui saute à l'esprit est de photographier les arbres de l'auteur. Excellente idée! La qualité des arbres créés et entretenus par l'auteur permet de se faire une idée précise de son expérience et de sa compétence dans cet art. C'est ainsi que de nombreux livres se disqualifient car comment faire confiance à un "spécialiste" dont les arbres sont médiocres – tant au niveau esthétique que sanitaire ?

Mais certains des auteurs n'ont même pas de bonsaï présentable ! Il reste alors deux solutions:

  • Faire appel à un vrai spécialiste pour qu'il prête ses arbres. Le lecteur sait alors qui est capable d'élever de si beaux bonsaïs, mais il se demande pourquoi le livre n'a pas été écrit par ce dernier…
  • Utiliser les ressources d'une photothèque. On trouve alors en fin d'ouvrage une rubrique intitulée "crédit photographique" regroupant les noms des photographes ou des agences possédant les droits mais pas ceux des propriétaires des arbres. Ceux-ci ont dû accepter un jour qu'on prenne une photo de leurs arbres et ne savaient pas que les droits d'exploitation appartiendraient exclusivement au photographe ! Les auteurs qui publient des ouvrages contenant de tels clichés volent ainsi – d'une certaine manière - la notoriété des propriétaires des arbres.

 

Exemple:

Quand "L'AMI DES JARDINS" a relooké son hors série "L'art du bonsaï", en 1997, nous avons prêté – ma femme et moi - deux érables tridents de notre collection privée contre citation. La photo a été prise chez nous en automne. Les arbres, sur des caillebotis avec une haie comme fond ont leur magnifiques couleurs de saison. En 2002, Hachette fait paraître la traduction d'un livre de Colin Lewis "Bonsaï". Surprise! La photo de couverture est celle d'un de nos érables photographié en 97. Mais bien sûr, cette fois, pas de citation… Et voilà comment je participe "à l'insu de mon plein gré" au succès de cet ouvrage dont la couverture est une superbe accroche ! Le lecteur, à moins de faire preuve d'une rare curiosité, se dit alors que ce Monsieur Lewis est vraiment compétent. Et tant pis pour moi qui ai aimé et élevé cet arbre, cet enfant, depuis presque vingt ans(!), et qui le possède encore…

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Autarcie

Il n'y a pas si longtemps, j'ai lu un article dans une revue spécialisée sur le snobisme de ceux qui utilisent des termes japonais pour parler des bonsaïs, de la technique, etc...

L'auteur est aussi un partisan de l'utilisation exclusive d'espèces indigènes pour faire des bonsaïs. Heureusement que les botanistes explorateurs avaient un autre état d'esprit! Sinon, pas de rosiers dans les jardins, ni de rhododendrons, de spirées, de pêchers, etc. Quelle tristesse.

Mais revenons aux "snobs". Snobs aussi les marins qui manipulent des drisses alors que tout le monde sait que ce ne sont que des cordes. Snobs tous ceux qui utilisent le latin pour parler de botanique. Etc.

Toutes les techniques ont leur vocabulaire précis permettant de se comprendre sans ambiguïté. Pour lire la musique, il faut comprendre quelques mots italiens parce que les italiens ont été de grands musiciens. Pour parler de bonsaï, il faut connaître quelques mots japonais parce que les Japonais ont porté cet art à un niveau inégalé. C'est vrai que des expressions françaises pourraient parfois être utilisées. Mais toujours avec une perte de précision.

 

Refuser l'effort d'apprendre ces termes techniques est un péché d'orgueil. Il me rappelle certains livres ou on parle de bonsaï "à la française" pour masquer (ça marche vraiment?) leur aspect approximatif.

Faire cet effort, c'est rendre un hommage mérité aux maîtres historiques du Bonsaï. C'est aussi un moyen de provoquer l'envie de comprendre, d'en savoir plus sur l'art du Bonsaï, et même sur la civilisation japonaise. C'est une invitation au voyage culturel, à la découverte d'un autre univers. Et c'est tout le mal que je vous souhaite.

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Oublier l'arrosage ?

Vous n'allez pas le croire, une pub dont l'accroche est "OUBLIER L'ARROSAGE" paraît en ce moment dans une revue consacrée au Bonsaï. Voilà qui laisse perplexe.

  • Tous ceux qui ont eu des bonsaïs savent qu'oublier l'arrosage est un des meilleurs moyens de ne plus en avoir! La petite quantité de terre dans laquelle vivent nos petits arbres a une faible capacité à retenir l'eau. Et c'est tant mieux, car les terres qui restent mouillées trop longtemps entraînent des problèmes racinaires au moins aussi graves que les coups de soif. Il est donc indispensable de surveiller les besoins en eau des bonsaïs de façon quotidienne, voire plus en été. Seule cette assiduité permet de réussir. De plus, cette contrainte est la source d'un attachement indéfectible à nos arbres.
  • D'autre part, on peut se demander si l'auteur de cette pub a compris quelque chose au bonsaï. Élever un bonsaï, ce n'est pas avoir dans un coin du jardin ou de la maison une plante en pot plus petite et plus "mignonne" que les autres. Sinon, contentons nous de végétaux en plastiques, d'aspect plus ou moins naturel et décoratif (oui, ça existe!).

 

Sortons de notre rythme infernal. Ralentissons, le temps de regarder ce qui nous entoure. Adoptons une attitude plus solidaire avec nos végétaux et nos animaux. Accordons leur l'attention qu'ils méritent, c'est à dire adaptons notre planning à leurs besoins et non l'inverse.

 

Vive l'arrosage auquel il faut penser!!!

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Les bonsaïs sont-ils torturés ?

Il ne se passe pas une semaine sans qu'on entende cette réflexion. Les bonsaïs sont même souvent comparés aux "pieds des chinoises". Cette image permet de comprendre où se trouve le malentendu. Nous raisonnons toujours de manière anthropocentriste.

Comment empêcher un homme de grandir sans le "coincer" dans une boîte où il endurera milles souffrances et mille morts ? Mais la croissance des arbres est bien différente de la nôtre. Quand une graine germe dans un trou de rocher, les racines "explorent" le sol et en trouvent rapidement les limites. Si l'arbre continuait à pousser autant qu'en terrain dégagé, il mourrait rapidement d'épuisement. En fait, sa croissance ralentit spontanément et l'arbre peut alors vivre "normalement" à l'échelle du volume de terre dont il dispose. Le jardinier qui élève des bonsaïs utilise cette singularité de la croissance végétale.

 

Créer un bonsaï, ce n'est pas obliger un grand arbre à rentrer dans un pot trop petit - ce qui serait assez proche de ce que subissaient quelques chinoises, mais contenir la croissance d'un petit arbre de manière à ce qu'il vive à l'aise dans ce petit pot.

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Aimez votre bonsaï !

Oui, c'est la solution. Tant que votre arbre sera un élément de votre décor, même si vous essayez de faire au mieux, vous l'oublierez ou vous lui donnerez des soins inappropriés.

En fait, pour réussir, il faut penser au bonsaï souvent - au moins une fois par jour - et comprendre ses besoins, son état et ses réactions. Il faut deviner ce qui améliore sa qualité de vie et ce qui, au contraire, la détériore. Cette complicité ne peut exister que si vous aimez votre arbre! Vraiment, et de façon désintéressée.

Bien sûr, j'en entends qui ricanent. Aimer un chien les fait déjà sourire, alors aimer un arbre... Mais quelle différence profonde peut-il y avoir entre deux êtres vivants ? Savez-vous que les arbres attaqués par des parasites dégagent des molécules qui sont perçues par leur congénères. Ceux-ci développent alors une réaction pour se protéger alors même qu'ils n'ont pas encore été attaqués. Un début de communication en quelque sorte. Savez-vous que des végétaux libèrent au niveau des racines des toxines pour empêcher d'autres espèces de coloniser leur milieu ? Vous le voyez, les arbres sont vivants, pleinement vivants. Quand ils n'ont pas assez d'eau, ou trop, ou quand la lumière est insuffisante, ils survivent difficilement et peut-être n'est-il pas ridicule de parler de souffrance.

 

Oui, décidément oui, aimez vos bonsaïs et essayez par vos efforts constants d'améliorer le milieu dans lequel vous les faîtes vivre. Le résultat ? A votre avis ?

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L'akadama

Akadama est un mot japonais qui signifie terre rouge. En fait, ce substrat n'est "rouge" qu'après l'arrosage. Sec, il est ocre jaune.

On lit et on entend souvent dire que l'akadama "ne marche pas" en France ! Au Japon, oui, mais pas en France !!!

Les qualités de l'akadama sont nombreuses. Surtout ses qualités mécaniques: cette terre reste drainante et aérée, même après des mois d'arrosage. Cette propriété justifie que tout mélange de terre pour bonsaï devrait contenir une part d'akadama. En effet, nos petits arbres vivent dans un milieu très restreint et leur bonne santé dépend d'abord de l'état de la motte de racines. Or les racines ne peuvent rester saines dans un substrat trop fin et asphyxiant. De plus, la structure poreuse des grains d'akadama permet une meilleure rétention d'eau.

 

Finalement, en améliorant l'autonomie en eau et l'aération du sol l'akadama est incontournable pour tout ceux qui souhaite avoir de beaux bonsaïs. Pensez-y quand vous préparerez vos mélanges pour les rempotages.

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Le bonsaï est-il hors du monde ?

Le monde, l'époque sont résolument "modernes". Il faut comprendre "pétris des valeurs de la compétition et violents".

Il semble que l'art du bonsaï doive évoluer dans le même sens: toujours plus de compétition(!), de prix au meilleur(?) et d'outils électriques (et de casques de chantier)... Quelques lieux communs en passant: "C'est le progrès", "On ne peut pas vivre dans le passé", etc...

Pourtant, le bonsaï est une parenthèse, un espace personnel où la compétition est sans objet. Quel est le plus bel arbre ? Le plus grand artiste ? Avec ou sans l'électricité ? Nos arbres sont le résultat d'années de travail régulier, et les démonstrations brutales - qu'on peut voir ici ou là - ne peuvent en rendre compte. D'autre part, l'amateur de bonsaï doit toujours garder à l'esprit qu'il n'est pas sculpteur. Il ne travaille pas sur de la matière inerte, mais dialogue avec des arbres vivants ! La violence ne doit pas avoir cours car la survie en bonne santé des arbres que nous élevons est le principe de base, la règle incontournable, de l'art du Bonsaï.

 

Alors, tournons le dos à ces dérives, prenons le temps de réfléchir, plaçons la vie de l'arbre en tête de nos projets et revenons à une pratique calme et lucide.

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